§20 Procédure et voies de recours

Relaxe : définition

La relaxe est la décision par laquelle, à l'issue d'un procès correctionnel, le tribunal ne retient pas la culpabilité de la personne poursuivie. Elle suppose donc qu'un procès a eu lieu.

Définition simple

Devant le tribunal correctionnel, la relaxe est prononcée lorsque la juridiction estime, au terme des débats, que les éléments constitutifs de l'infraction ne sont pas réunis, que le doute profite au prévenu ou que la culpabilité n'est pas établie. Devant la cour d'assises ou la cour criminelle, l'équivalent est l'acquittement.

Définition juridique

La relaxe est prévue par l'article 470 du Code de procédure pénale : si la juridiction estime que le fait n'est pas constitué, qu'il n'est pas établi qu'il a été commis par le prévenu, qu'il n'est pas qualifiable pénalement ou que le prévenu a une cause d'irresponsabilité, elle prononce la relaxe. La décision peut être frappée d'appel par le ministère public, le prévenu ou les parties civiles dans les délais légaux ; elle n'est définitive qu'après l'écoulement de ces délais ou l'épuisement des voies de recours ordinaires.

Exemple fictif et générique

Exemple fictif et générique : à l'issue des débats devant un tribunal correctionnel, le tribunal estime que l'élément intentionnel de l'infraction n'est pas suffisamment établi et prononce la relaxe du prévenu. La décision peut, selon les cas, faire l'objet d'un appel.

Exemple à but pédagogique — toute ressemblance avec une affaire ou une personne réelle serait fortuite.

Sanctions et conséquences possibles

La relaxe n'emporte pas de sanction pénale. Le prévenu relaxé sort de la procédure sans condamnation.

Différences avec les notions proches

La relaxe est prononcée à l'issue d'un procès, alors que le non-lieu intervient avant tout procès, au stade de l'instruction. L'acquittement, lui, est l'équivalent de la relaxe devant la cour d'assises ou la cour criminelle.

Pourquoi cette notion est suivie par OPAK

OPAK rappelle que la présomption d'innocence s'applique tant qu'une décision de justice n'est pas devenue définitive. OPAK indique systématiquement le caractère définitif ou non d'une relaxe : une relaxe frappée d'appel n'a pas la même portée qu'une relaxe devenue irrévocable.

Affaires associées à cette notion

Cette section recense les affaires présentes dans OPAK liées à la notion de relaxe. Les affaires sont distinguées selon leur statut : enquête, mise en examen, condamnation non définitive, condamnation définitive, relaxe, non-lieu ou classement.

  • Plainte en diffamation contre Libération au sujet de l’expression « assistant parlementaire fantôme »

    Relaxe

    Jordan Bardella

    Jordan Bardella a poursuivi Libération pour diffamation après un article de septembre 2023 sur son passage comme assistant parlementaire de Jean-François Jalkh. Le 21 mars 2025, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a jugé le titre non diffamatoire et le journal a été relaxé.

  • Déclaration de patrimoine HATVP

    Relaxe

    Gaston Flosse

    Gaston Flosse a été condamné en première instance pour déclaration mensongère de patrimoine auprès de la HATVP, puis relaxé par la cour d'appel de Paris en 2023.

  • Protection fonctionnelle et prise illégale d'intérêts à Cholet

    Condamnation non définitive (appel)

    Gilles Bourdouleix

    Gilles Bourdouleix a été poursuivi pour prise illégale d'intérêts après un vote de protection fonctionnelle lié à ses propres contentieux. Relaxé en première instance, il est ensui…

  • Procès devant la Cour de justice de la République

    Relaxe

    Éric Dupond-Moretti

    Éric Dupond-Moretti a été jugé pour prise illégale d’intérêts devant la Cour de justice de la République. La CJR l’a relaxé le 29 novembre 2023, considérant notamment que l’élément intentionnel n’étai

  • Affaire du marché de l’eau à Annonay

    Condamnation non définitive

    Olivier Dussopt

    Olivier Dussopt a été relaxé en première instance puis condamné en appel en février 2025 pour favoritisme dans un marché public de l’eau attribué en 2009 à la SAUR lorsqu’il était maire d’Annonay. La

  • Contestation de crime contre l’humanité – propos sur Philippe Pétain

    Condamnation non définitive

    Eric Zemmour

    Pour avoir affirmé que Philippe Pétain avait « sauvé » les juifs français, Éric Zemmour est relaxé en première instance en 2021, puis condamné en appel le 2 avril 2025 à 10 000 € d’amende pour contestation de crime contre l’humanité. Un pourvoi en cassation a été annoncé.

  • Dîners et frais de représentation à l’Assemblée nationale

    Relaxe

    François de Rugy

    Des révélations de Mediapart ont mis en cause des dîners organisés lorsque François de Rugy présidait l’Assemblée nationale ainsi que certains frais. Il a démissionné du gouvernement ; les vérifications internes et administratives n’ont pas établi d’infraction pénale dans les éléments publics retenus.

  • Affaire Sarkozy-Kadhafi

    Relaxe

    Éric Woerth

    Éric Woerth a été jugé dans le dossier du financement libyen présumé de la campagne de 2007, en tant qu’ancien trésorier de campagne. Le tribunal l’a relaxé le 25 septembre 2025 ; le procès en appel était en cours en 2026 pour d’autres prévenus, selon la presse.

  • Violences et outrages dans un bar parisien

    Condamnation devenue définitive

    Jean-Vincent Placé

    Jean-Vincent Placé a été condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis et à une amende après une altercation dans un bar parisien. Il a été relaxé du volet d’injure raciste.

  • Affaire des assistants parlementaires européens du MoDem

    Condamnation non définitive (appel)

    François Bayrou

    L'affaire porte sur des soupçons d'utilisation de fonds du Parlement européen pour rémunérer des collaborateurs qui auraient travaillé pour l'UDF ou le MoDem plutôt que pour des eurodéputés. François Bayrou, mis en examen en 2019 pour complicité de détournement de fonds publics, a été relaxé en première instance le 2024-02-05 ; le parquet a fait appel de cette relaxe. La cour d'appel de Paris a fixé le procès en appel du 9 septembre au 5 octobre 2026.

  • Affaire de Karachi — financement de la campagne présidentielle de 1995

    Relaxe

    Édouard Balladur

    Soupçonné d'avoir bénéficié de rétro-commissions liées à la vente de sous-marins Agosta au Pakistan (1994) pour financer sa campagne présidentielle de 1995, Édouard Balladur est renvoyé devant la **Cour de justice de la République** en 2019 pour « complicité d'abus de biens sociaux et recel ». Le procès se tient du 19 janvier au 11 février 2021. La **CJR le relaxe** le **4 mars 2021**, estimant que l'élément intentionnel n'est pas démontré, tout en condamnant **François Léotard** (ancien ministre de la Défense) à deux ans de prison avec sursis et 100 000 € d'amende. Le parquet ne fait pas appel : la relaxe est définitive.

  • Injure publique contre Philippe Vardon

    Condamnation non définitive

    Christian Estrosi

    La cour d'appel d'Aix-en-Provence a condamné Christian Estrosi au civil à verser 2000 euros de dommages et intérêts à Philippe Vardon pour injure publique, après une comparaison avec Joseph Goebbels en séance régionale. La décision rapportée par la presse le relaxe en revanche sur la diffamation.

Personnalités concernées

Cette section présente les personnalités publiques dont la fiche OPAK mentionne une affaire ou une procédure liée à la notion de relaxe. La présence d'une personnalité dans cette liste ne signifie pas nécessairement une condamnation.

Notions proches

  • Non-lieu

    Le non-lieu est rendu par un juge d'instruction lorsqu'il estime, à la clôture de l'instruction, que les charges réunies sont insuffisantes pour justifier un renvoi devant la juridiction de jugement, ou lorsqu'une cause d'extinction de l'action publique (prescription, décès) est constatée..

  • Condamnation définitive

    Une condamnation est dite définitive lorsqu'elle ne peut plus faire l'objet des voies de recours ordinaires, soit parce que les délais d'appel et de pourvoi en cassation ont expiré, soit parce que ces recours ont été exercés et rejetés..

  • Appel

    L'appel est la voie de recours qui permet de demander à une cour d'appel de réexaminer une décision rendue en première instance, en fait et en droit.

Dossiers OPAK liés

Questions fréquentes

  • Une relaxe est-elle toujours définitive ?

    Non. Tant que les délais d'appel courent ou qu'un recours est pendant, la décision n'est pas définitive. La cour d'appel peut, à l'issue de son examen, réformer la décision et prononcer une condamnation.

Sources à consulter

Pour aller plus loin

Page de référence éditoriale OPAK. Texte revérifié contre les sources officielles le 20/05/2026. Le contenu reste général : il ne tient pas lieu de conseil juridique individuel.